« Ferme du M… »: la guerre vue par André Deslignères

En 14-18, le graveur André Deslignères (1880-1968), originaire de Nevers et installé à Paris, est mobilisé dans l’Infanterie. Il se bat sur la Marne, la Somme et dans l’Aisne.

Au front, il dessine et grave des scènes de la vie quotidienne. Il en publie certaines dans la feuille de tranchées de son régiment, Marmita. Cette revue littéraire, anecdotique et humoristique, réalisée par les soldats sous les drapeaux, tire son nom de l’argot « marmiter », qui signifie « bombarder », et de « marmite », qui désigne les projectiles ennemis.
En novembre 1914, le combat est si mémorable à la ferme du Metz près du Chemin des Dames que Deslignères et ses camarades consacrent un numéro de leur journal Marmita à l’histoire de ce domaine. Les trois vues intitulées Ferme du M… témoignent de la destruction de ce lieu de vie.

Comme Théophile-Alexandre Steinlen et Maximilien Luce, Deslignères est de ces artistes préoccupés par la question sociale qui montrent les conséquences de la guerre sur les civils.
De retour à Paris en 1918, alors que sa carrière d’illustrateur prend son envol, il réunit seize de ses gravures de guerre et en confie l’impression à Aristide-Jules Gonon, autre figure de la bohème Montmartroise.
Durant cette période, la gravure, un art du fragmentaire et de l’allusif, fait la preuve qu’elle rend mieux compte que la peinture, d’une guerre sans horizon qui pulvérise l’homme.

A voir au musée dans l’accrochage temporaire 70/14 – D’une guerre à l’autre en vingt tableaux.