Histoire

Sauvés de la destruction en 1972 par la municipalité de Saint-Denis, les bâtiments de l’ancien Carmel abritent, depuis 1981, le musée d’art et d’histoire.

© P. Le Tulzo

© P. Le Tulzo

Fondé en 1625, le monastère des Carmélites fut construit sous la surveillance de sept religieuses originaires d’Amiens qui s’installèrent dans un premier temps dans le pavillon situé à l’angle de la cour d’entrée du musée et de l’actuelle rue Gabriel Péri. La première pierre de l’église primitive fut posée en 1628 par la reine Marie de Médicis.

En 1770, alors que le Carmel connaît une grave crise financière, l’arrivée d’une illustre pensionnaire sauve le couvent de la saisie : il s’agit de Madame Louise de France, septième fille de Louis XV. Le roi se rendra dès lors de nombreuses fois au carmel de Saint-Denis pour y rendre visite à sa fille. Avec l’appui de son père, Madame Louise y entreprendra de nombreux travaux.

L’installation du musée

Le carmel avant les travaux © Droits réservés

Le carmel avant les travaux © Droits réservés

Fondé en 1901, le musée de Saint-Denis est, dans un premier temps, installé dans l’ancien Hôtel-Dieu de la ville, puis avec la bibliothèque municipale. En 1972, la municipalité de Saint-Denis achète le carmel et entreprend aussitôt sa restauration et son aménagement pour y accueillir le musée d’art et d’histoire. Il ouvrira ses portes dans ses nouveaux locaux en mai 1981.

L’originalité des travaux de rénovation et d’aménagement muséographique réside dans un équilibre harmonieux entre la présentation des collections et un scrupuleux respect de l’architecture originelle du bâtiment. Tout a été mis en œuvre pour préserver la spiritualité des lieux : le cloître jalonné des pierres tombales des religieuses, les cellules austères, et surtout les sentences mystiques qui accompagnent le visiteur tout au long de son parcours.

Cette qualité d’accueil et de présentation des collections a été récompensée par le Prix Européen du Musée de l’année 1982. Distinction exceptionnelle décernée par le jury de l’UNESCO, face à quarante-deux autres candidats européens, estimant que ce musée “était l’un des plus importants à avoir été créé depuis la seconde guerre mondiale”.
Les sentences, 174 phrases peintes sur les murs, sont inséparables de l’histoire du Carmel. Restaurées à leur place dans les salles de l’actuel musée, elles rappellent la pratique universelle des sentences de sagesse que l’on retrouve dans de nombreuses religions.

La chapelle des Carmélites

© P. Le Tulzo

© P. Le Tulzo

En 1779, Louise de France, septième fille de Louis XV et carmélite à Saint-Denis, confia la reconstruction de la chapelle à Richard Mique, architecte de la Cour et auteur du Trianon à Versailles.

Cet édifice, surmonté d’une coupole, s’inscrit dans un plan en croix grecque. Il est précédé d’un péristyle à quatre colonnes ioniques sous un fronton orné d’une Adoration des Mages. L’extrême richesse de sa décoration intérieure est due au sculpteur Joseph Deschamps. Outre les reliefs conformes au programme iconographique carmélitain (Transverbération de Sainte-Thérèse, épisodes de la vie du prophète Elie), les caissons du péristyle et de la coupole sont un exemple très représentatif de la transition hellénisante précédant le style néo-classique proprement dit.

De 1895 à 1993, la chapelle sert de tribunal d’instance, ce qui explique la présence de l’inscription Justice de Paix sur le fronton.
Restituée au musée après restauration, elle accueille désormais des manifestations culturelles.