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#150 ans, jour pour jour : le Traité de Francfort, 10 mai 1871

 

Le Traité de Francfort a officiellement mis fin à la guerre franco-prussienne. A la suite de sa signature, le président de la République Adolphe Thiers, a concentré ses forces sur la répression de la Commune de Paris. Cependant, ce traité a marqué l’Histoire de bien des façons.

 

Un long processus

 

La signature de ce traité met fin à une longue période de négociations entre la France et la Prusse. La signature de l’armistice le 26 janvier 1871 n’était que la première étape vers la fin du conflit entre les deux pays.

Des préliminaires de paix avaient été signés le 26 février puis ratifiés le 2 mars par l’Assemblée Nationale, qui siégeait alors à Bordeaux. Les négociations reprirent entre fin mars et fin avril à Bruxelles. Les ministres français des Affaires Etrangères (Jules Favre) et des Finances (Augustin Thomas Pouyer-Quertier) ont même poursuivi les négociations à Francfort quelques jours avant la signature définitive du Traité.

 

Des conditions défavorables pour la France

 

La signature de ce traité conduit au paiement par la France d’un lourd tribut financier et territorial. En effet, malgré les négociations d’Adolphe Thiers, la France doit céder une partie de son territoire au IIe Reich : l’Alsace et le nord-est du plateau lorrain sont concernés, incluant la vallée de la Moselle avec les villes de Metz et de Thionville. La ville de Belfort et ses environs échappent à la cession en échange du droit pour les allemands de défiler dans Paris.

Cette annexion territoriale représente avant tout une annexion industrielle. En effet les mines d’Alsace et de Moselle représentaient 20% du potentiel minier de la France. Dans les clauses du traité, les allemands ont vu l’intérêt économique et industriel que comportait cette victoire militaire.

Le traité stipulait que les habitants des régions cédées avaient le choix de leur nationalité. Cependant, rester français impliquait souvent un déménagement sur le territoire national redessiné.

D’un point de vue financier, la France doit régler la somme de 5 milliards de francs à l’ennemi. Ce montant sera couvert par des prêts nationaux et internationaux dans les années suivantes. A l’origine, les prussiens demandaient 1 milliard de plus mais les négociations ont pu abaisser le montant. Le paiement de cette dette conditionnait d’ailleurs le retrait des troupes de Bismarck du territoire français. Ce retrait s’est opéré au fur et à mesure du règlement.

 

Pourquoi une signature à Francfort et non à Berlin ?

 

La ville de Francfort se situe désormais au centre géographique de ce grand centre allemand. Il s’agit également d’une ville empreinte de libéralisme et de neutralité dans l’empire allemand. Elle bénéficie d’une solide réputation en termes de finances, de monnaie, et cette compétence sera demandée pour honorer l’une des clauses de ce traité, pour le chancelier Otto von Bismarck pour les allemands et pour la partie française, c’est-à-dire Jules Favre et Adolphe Thiers.

 

Un traité source de rancœurs

 

Le traité de Francfort a mis un point final officiel à la guerre Franco-Prussienne mais il intervient également dans un contexte de défaite pour la France et a cristallisé de nombreuses critiques contre les prussiens et le gouvernement du Président Adolphe Thiers.

Avant même la signature de l’armistice, c’est à Versailles, dans la galerie des glaces que le roi de Prusse Guillaume Ier fut sacré Empereur du IIe Reich allemand. Dans le contexte du Siège de Paris, cet événement a résonné comme un affront pour de nombreux parisiens. La signature de l’armistice quelques jours plus tard achèvera la réputation de « capitulard » d’Adolphe Thiers.

La cession des territoires de l’est constitue également une cicatrice qui restera vive de nombreuses années après la fin du conflit. La récupération de l’Alsace et de la Lorraine sera d’ailleurs reprise dans de nombreux outils de propagande français au cours de la Grande Guerre (1914-1918).

 

 

 

 

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