#150 ans, jour pour jour : destruction de la colonne Vendôme, 16 mai 1871

Dans le conflit qui a opposé la Commune de Paris au gouvernement de Versailles, le déboulonnage de la colonne Vendôme est un épisode qui a marqué les mémoires.

 

Un symbole impérial

Ce monument fut érigé à la gloire de Napoléon Bonaparte et du premier Empire. Au sommet de la colonne trônait une statue de l’empereur en César, tenant le globe de la victoire dans sa main droite et coiffé des lauriers antiques.

La colonne fut constituée de la fusion des canons autrichiens récupérés lors de la bataille d’Austerlitz, remportée par Napoléon Ier en décembre 1805. Pour les communards, cette colonne représentait donc l’idolâtrie de l’Empire mais surtout de la glorification de la guerre, ce qui ne correspondait pas à leurs idéaux.

 

Gustave Courbet à l’initiative de la destruction de la colonne ?

C’est le peintre réaliste Gustave Courbet qui émet en premier l’hypothèse d’une démolition quelques mois avant la Commune, en septembre 1870, durant la République et la Guerre franco-prussienne. Il était membre de la commission des Beaux Arts durant la Commune. Son projet était de démonter le monument et de le reconstruire aux Invalides, plus à même selon lui d’abriter un monument en mémoire des anciennes guerres. Mais cette proposition reste sans suite.

 

Une cérémonie publique, en images

Finalement, les communards votent la démolition de la colonne en avril 1871 et elle est démontée au cours d’une cérémonie publique le 16 mai, en présence d’une foule de gardes nationaux et de civils. Le photographe Bruno Braquehais réalise de nombreux clichés du peuple parisien posant près des décombres de la colonne, affirmant ainsi sa souveraineté face aux “Vieux Monde” et sa reconquête de Paris.

 

Une place forte

La place Vendôme était une place très bien gardée par les armées de communards. Elle accueillait en effet le gros des forces armées et les canons. Elle était entièrement entourée de fortifications imposantes, érigées selon les directives de Napoléon Gaillard, architecte en chef des barricades.

La Commune est un essai de révolution sociale qui engendra une guerre civile entre le gouvernement d’Adolphe Thiers, appelé les Versaillais, et les communards ou fédérés, des parisiens fortement politisés et épris d’idéaux de liberté. La Commune est écrasée pendant la Semaine Sanglante, du 21 au 28 mai 1871. Lors de l’offensive des troupes versaillaises, la place Vendôme résista longuement grâce à son arsenal défensif mais ne put freiner l’avancée des troupes de Thiers dans la capitale.

 

Châtiment de Courbet

A l’issue de la Commune, la République décide de faire remonter la colonne Vendôme et c’est le peintre Gustave Courbet qui sera condamné à rembourser cette reconstruction. Dans l’incapacité de payer ces sommes colossales, il s’exilera en Suisse et y meurt quelques années plus tard.

 

 

 

 

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