Un jour, une œuvre : La colonne Vendôme renversée (Paul Robert)

Sur cette huile sur toile on peut voir un soldat gardant la colonne Vendôme déboulonnée. Il s’agit d’un épisode célèbre de la Commune de Paris en 1871.

Ce monument fut érigé à la gloire de Napoléon et du premier empire. Sur le sommet de la colonne se trouve une statue de l’Empereur, qui gît à terre sur le tableau.

La colonne est constituée de la fusion des canons autrichiens récupérés lors de la bataille d’Austerlitz, qui eut lieu en décembre 1805, bataille remportée par Napoléon Ier. Pour les communards, cette colonne représentait donc l’idolâtrie de l’Empire mais surtout de la glorification de la guerre, ce qui ne correspondait pas aux idéaux de la Commune.

C’est le peintre réaliste Gustave Courbet qui émet en premier l’hypothèse d’une démolition quelques mois avant la Commune, en septembre 1870 durant la République et la Guerre franco-prussienne. Son projet était de la démonter et de la reconstruire aux Invalides. Mais cette proposition restera sans suite. Finalement les communards votent la démolition définitive de la colonne en avril 1871 et elle sera démontée le 8 mai 1871.

Vous pouvez donc voir sur cette composition la statue de Napoléon Ier représenté en César, tenant le globe de la victoire dans sa main droite, et coiffé des lauriers antiques.

Au second plan on découvre un soldat portant la tenue aux couleurs des fédérés, bleu marine et rouge, couvert d’un large manteau. Il semble perdu dans ses pensées en regardant la statue gisant au sol. A côté de lui se trouve un amas de pavés. Ceux-ci sont là pour nous rappeler que malgré le calme apparent, c’est bien la Guerre des barricades qui est en cours durant ce mois de mai 1871. Les barricades étaient montées dans les rues avec ce tout ce qui se trouvait sur place, comme bien sûr des pavés.

La Commune est un essai de révolution sociale qui engendra une guerre civile entre le gouvernement d’Adolphe Thiers, appelé les Versaillais, et entre les communards ou fédérés, des parisiens fortement politisés et épris d’idéaux de liberté. La Commune dura du 18 mars 1871 au 28 mai 1871 et fut écrasée  par les Versaillais lors de la Semaine Sanglante, du 21 au 28 mai 1871.

A l’issue de la Commune, la République décide de faire remonter la colonne Vendôme et c’est le peintre Gustave Courbet qui sera condamné à rembourser cette reconstruction. Il s’exilera en Suisse car sera dans l’incapacité de payer et il meurt quelques années plus tard.

Les collections du musée comptent de très nombreuses œuvres et objets représentant la colonne Vendôme, comme par exemple une bouteille des verreries Legras datant de la fin du XIXème siècle ou encore une photographie de Bruno Braquehais, où la colonne est encore debout. On découvre toute la place Vendôme, entourée de puissantes barricades érigées par les communards qui en avaient pris le contrôle.

 

 

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