Un jour, une œuvre : tablette à écrire et stylet (XIVe – XVe siècle)

Une tablette en ivoire accompagnée d’un stylet en alliage cuivreux ont été découverts par l’Unité d’Archéologie de la ville de Saint-Denis, dans des alluvions du bras nord du Croult, le canal urbain.

Les tablettes de cire ont couramment été utilisées pour conserver et reproduire des écrits, de la plus haute Antiquité à la fin du Moyen Âge et même au-delà. Constituées de planchettes de bois ou d’ivoire évidées sur lesquelles était coulée une mince couche de cire, elles servaient à noter divers textes à l’aide d’un stylet, en métal ou en os, dont une extrémité était pointue et l’autre, plate pour gommer en lissant la cire .

Les tablettes étaient, souvent associées par deux, ou trois, formant ainsi des diptyques, triptyques, etc. ; un côté se refermait pour protéger l’autre qui servait à l’écriture, jusqu’à obtenir des livres entiers. Toutes ces tablettes étaient reliées et formaient des codices, qui pouvaient être plus ou moins épais. Certains volumes présentaient de 4 à 16 feuillets. Ils pouvaient même s’organiser en tomes qui se suivaient, comme c’était, par exemple, le cas des comptes royaux.

Elles étaient recouvertes de cire sombre, souvent noirâtre ou noire, couleur résultant du mélange de cire d’abeille, de suie ou de charbon de bois.

Les tablettes à écrire de petite taille, comme celle-ci servaient aux comptes et les enfants pouvaient y apprendre l’alphabet. Les tablettes de ce gabarit appartenaient parfois à un ensemble ; elles étaient rangées dans un étui de cuir, comme l’atteste un “set” de huit tablettes de buis attribué au XIVe siècle et découvert à York en Grande-Bretagne. Les tablettes de plus grande taille pouvaient servir à l’inventaire des comptes royaux avant d’être transcrites sur du parchemin, support trop cher pour être employé comme brouillon. La cire était donc le brouillon idéal.

L’utilisation de ces tablettes est attestée dans la plupart des pays, et dans de nombreuses classes de la société : chez les clercs, les moines, les écoliers, les seigneurs, le personnel administratif ou chez les marchands.

Il s’agit d’objets archéologiques tout à fait exceptionnels car, malgré leur usage courant dans le passé, rares sont ceux encore conservés de nos jours. Les allusions et références aux tablettes dans les textes littéraires ou administratifs sont néanmoins innombrables et représentations iconographiques ne manquent pas.

 

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